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L'univers de Misstinguette

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"Cherche mamies ambitieuses aimant le tricot" (Courrier International)

Publié par Misstinguette sur 26 Janvier 2013, 15:23pm

Catégories : #partager les coups de coeur

"Cherche mamies ambitieuses aimant le tricot" (Courrier International)

Je vous présente ici un des premiers articles "Coups de Coeur". Je m'intéresse vraiment à tout, et j'adore lire certains journaux et revues. Courrier International est un de mes favoris, et parfois on s'étonne que certaines situations nous fassent chaud au coeur. En temps de crise économique (mon dieu, pas un jour sans qu'on nous parle des difficultés financières de gens !!) et de la crise inter-générationnelle (ces jeunes qui manquent de respect aux vieux, et ces vieux qui craignent les jeunes !!), des initiatives sociales, associant différentes générations, apparaissent. Et en plus, ça a un rapport avec l'une de mes passions : le tricot.

Comme quoi, c'est vraiment une activité pour tous, et les grands-mères devraient moins s'étonner quand elles me voient tricoter dans le train....

Je vous laisse lire l'article...

Cherche mamies ambitieuses aimant le tricot

Deux jeunes entrepreneurs de Rotterdam, aux Pays-Bas, ont ouvert une boutique de vêtements en laine tricotés par des mamies. Et bien que leur affaire ne soit pas bénéficiaire, l'objectif principal est atteint : des liens se sont noués entre ces retraitées et la jeune génération.

Une vieille dame tricotait. Pour personne. Niek van Hengel a fait sa connaissance alors qu’il rendait visite à son grand-père dans sa maison de retraite. Il l’avait déjà repérée plusieurs fois.

Assise sur son fauteuil dans le hall, elle transformait comme par magie des pelotes de laine en jolis tricots. Un jour, il lui a adressé la parole. Qu’êtes-vous en train de tricoter ? Et pour qui ? La femme n’a pas su lui répondre. Elle n’avait pratiquement pas de famille ou d’amis, elle ne
faisait rien de spécial. Elle aimait tricoter, voilà tout.

C’est cette femme qui a inspiré M. van Hengel. Les articles en tricot sont à la mode. Le tricot est une activité gourmande en main-d’œuvre. Beaucoup de personnes âgées sont seules. Pourquoi ne pas associer les talents de personnes âgées à ceux de jeunes stylistes ? Il a fait part de son idée à Jip Pulles (31 ans), un ami qui suivait avec lui la formation Small Business & Retail Management à Rotterdam pour apprendre à gérer une petite entreprise. M. Pulles a réagi au quart de tour. Dans le cadre de son projet de fin d’études, il a développé cette idée et conçu un plan d’entreprise.

Plus de trois ans plus tard, les deux hommes exploitent une boutique de bonnets et d’écharpes en laine à Rotterdam. Une pancarte engageante est posée sur le trottoir : “Cherchons mamies ambitieuses aimant le tricot“. A l’intérieur, autour d’une grande table en bois massif, sont assises environ huit femmes d’un certain âge qui ont répondu à l’appel. La surface de la table est jonchée de pelotes de laine, de petites assiettes contenant des parts de tarte et de tasses de café. Le cliquetis des aiguilles est couvert par le brouhaha des bavardages.

Cette initiative porte le nom de Granny’s Finest. Irene Rijkers (70 ans) est l'une de ces mamies. Elle a toujours raffolé du tricot. Deux jours plus tôt, elle est venue chercher un sac entier d’une précieuse laine anthracite chez MM. van Hengel et Pulles. Elle l’a utilisée pour confectionner quatre bandeaux très tendance, avec les cache-oreilles assortis. Elle est fière du résultat. “Nous tricotons quelque chose qu’une autre personne achète, c’est vraiment la preuve que notre travail est apprécié.“ (...)

Certes, les tricots sont vendus aux prix du commerce, mais Granny’s Finest est avant tout un projet social. D’ailleurs, MM. Pulles et Van Hengel n’ont pas encore gagné le moindre centime. Granny’s Finest a pour objectif principal de promouvoir la cohésion sociale entre les personnes âgées. Les intérêts commerciaux ne doivent jamais reléguer cet objectif au second plan, explique M. Pulles. Pour une entreprise qui démarre et cherche un financement, une telle logique constitue un obstacle.

"Les banques ont jugé notre production insuffisante. Et les fonds et les œuvres caritatives sont réticentes parce que nous vendons nos vêtements dans un cadre commercial", ajoute M. Pulles. Finalement, MM. Pulles et van Hengel ont décidé de créer Granny’s Finest sous la forme d’une fondation. Ils travaillent comme bénévoles depuis un an et demi mais, dès que le chiffre d’affaires le permettra, ils deviendront directeurs. La fondation doit acquérir son autonomie financière d’ici trois ans.

Pour l’instant, Granny’s Finest doit son existence aux subventions des municipalités de Rotterdam et de Schiedam, aux contributions de fonds de soutien et à un prix qui lui a été décerné, l’Aardig Onderweg Award. Granny’s Finest comporte à présent six clubs de tricot. Sur les 107 mamies inscrites, 70 participent chaque semaine à la journée fixe de tricot. Pour le plaisir d’être ensemble, pour échanger des conseils et pour chercher de la laine. Chez elles, les femmes tricotent une vingtaine d’heures par semaine. Granny’s Finest espère prendre de l’ampleur ces prochaines années et s’étendre à d’autres municipalités.

M. Pulles ne souhaite pas divulguer le volume de production des clubs de tricot, mais une chose est sûre : il est plus faible et moins stable que celui que génère un atelier de couture et de tricot au Bangladesh. Les mamies ne sont pas rémunérées. En revanche, Granny’s Finest ne lésine pas pour assurer à ces dames un certain confort. Lors de leurs séances collectives de tricot, on leur distribue toujours des parts de gâteau et des tasses de café. A Noël, elles ont reçu un colis spécial et eu droit à une sortie organisée par l’entreprise. La fondation n’a pas pour seul objectif social de réunir entre elles des personnes âgées. Les entrepreneurs entendent également favoriser les liens entre leurs tricoteuses et des jeunes.

"C’est fantastique de voir ce que peuvent s’apprendre réciproquement nos stylistes et les mamies", dit M. Pulles. Les tricoteuses ont appris aux stylistes tous les points de crochet et de tricot en vogue dans les années 1950. Les couturiers ont appris aux mamies à tricoter en fonction de patrons pour confectionner les vêtements que portent les jeunes d’aujourd’hui. Granny’s Finest essaie aussi d’encourager les contacts entre les clients et les mamies. Chaque vêtement est accompagné d’une petite carte sur laquelle est écrit à la main un texte de la personne qui a tricoté l’article. "Nous invitons tous ceux qui nous achètent un vêtement à prendre une photo d’eux lorsqu’ils portent le vêtement." La photo peut être envoyée sur le site Internet et la tricoteuse la reçoit sous forme de carte postale. Selon M. Pulles, "les dames apprécient beaucoup ces photos, certaines en décorent même le manteau de leur cheminée, comme s’il s’agissait de trophées".


De Volkskrant, Sander Heijne

"Cherche mamies ambitieuses aimant le tricot" (Courrier International)

Commenter cet article

Marcelle 23/06/2013 14:12

Magnifique initiative,excellent pour le moral des personnes souvent esseulées!!!
Bel article,bon w-end,Amitiés. Marcelle

Misstinguette 11/09/2013 16:40

Merci Marcelle pour votre visite et ce commentaire. J'aime beaucoup cette initiative, car elle rapproche les générations... A bientot

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